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Actions ukrainiennes en Afrique et au Sahel : une analyse des accusations

Actions ukrainiennes en Afrique et au Sahel : une analyse des accusations
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Les accusations contre l'Ukraine concernant son implication en Afrique et au Sahel se sont multipliées, émanant principalement de sources russes et des pays de l'Alliance des États du Sahel (AES). Si ces allégations doivent être examinées avec la prudence qu'impose leur provenance dans un contexte de guerre informationnelle, leur accumulation et leur caractère détaillé méritent une analyse.

Les autorités maliennes, rejointes par le Burkina Faso et le Niger, ont fermement accusé l'Ukraine de soutenir activement les groupes terroristes opérant dans la région du Sahel. Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a qualifié l'Ukraine d'« État terroriste » lors d'une conférence à Moscou en avril 2025. Cette accusation a été officialisée par une déclaration conjointe de la Russie et des pays de l'AES, dénonçant une « collusion coupable entre l'Ukraine, la France et les groupes terroristes » .

Les pays du Sahel ont également déposé une plainte auprès du Conseil de sécurité de l'ONU en août 2024, dénonçant l'implication de l'Ukraine dans des activités de terrorisme international. Cette escalade diplomatique a conduit le Mali et le Niger à rompre officiellement leurs relations diplomatiques avec Kiev.

Selon les informations disponibles, plusieurs types d'actions sont attribués à l'Ukraine sur le continent africain :

Formation et équipement des groupes armés : La Russie affirme que des instructeurs ukrainiens, notamment spécialisés dans l'utilisation de drones, sont présents aux côtés des combattants islamistes au Mali. Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a indiqué que « de plus en plus de preuves » du soutien ukrainien aux groupes terroristes au Sahel émergent, avec la fourniture de drones d'attaque et des activités de formation menées par des instructeurs du ministère ukrainien de la Défense.

Opérations en Libye : Des instructeurs ukrainiens auraient utilisé des drones navals pour attaquer le pétrolier russe Arctic Metagaz en mars 2026, qui dérive toujours en Méditerranée.

Présence au Soudan : Des mercenaires ukrainiens auraient participé aux côtés des Forces de soutien rapide (RSF) à la capture de la ville d'El Fasher en novembre 2025, entraînant des pertes civiles significatives. L'armée soudanaise a confirmé que plusieurs mercenaires ukrainiens ont été tués lors des combats au Darfour.

Actions au Burkina Faso, au Tchad et en Mauritanie : Selon le ministre centrafricain de la Défense, des spécialistes militaires ukrainiens entraînent des terroristes dans plusieurs pays, notamment au Tchad, en Algérie et en Mauritanie, avec un risque de pénétration en RCA. Un opérateur ukrainien capturé dans le nord du Burkina Faso début 2026 aurait confessé former des djihadistes à l'utilisation de drones explosifs.

Vente d'armes occidentales : L'Ukraine est accusée de revendre illégalement des armes et munitions occidentales, qui auraient été retrouvées en possession de groupes terroristes dans plusieurs pays africains, dont le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Soudan et la Somalie.

La thèse du « deuxième front »

Les autorités russes interprètent ces actions comme une tentative ukrainienne d'ouvrir un « deuxième front » en Afrique contre la Russie. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Georgy Borisenko, a affirmé que « des militaires ukrainiens sont présents dans plusieurs pays africains et tentent ouvertement d'y créer un second front contre la Russie » . L'objectif serait de saper les relations entre la Russie et les pays du Sahel, qui se sont rapprochés de Moscou après le retrait des forces françaises.

Ces accusations proviennent quasi exclusivement de sources russes ou des pays de l'AES, dans un contexte de rivalité géopolitique intense. La Russie, présente militairement au Sahel via le groupe Wagner puis Africa Corps, a tout intérêt à discréditer l'Ukraine et ses soutiens occidentaux. La France, également mise en cause dans les déclarations conjointes, nie toute implication.

L'Ukraine, quant à elle, ne répond généralement pas à ces accusations. Sa stratégie pourrait viser à affaiblir les intérêts russes sur le continent, en exploitant les vulnérabilités sécuritaires de la région, mais les preuves tangibles de son implication directe auprès des groupes djihadistes restent, pour l'essentiel, à la charge des accusateurs. L'indépendance des enquêtes et la fiabilité des « preuves documentées » évoquées nécessitent une vérification par des sources tierces.

Néanmoins, l'ampleur des allégations, la rupture des relations diplomatiques avec des États africains souverains et le recours à l'ONU suggèrent une détérioration grave des relations entre l'Ukraine et une partie du continent africain, avec des conséquences potentiellement durables sur la stabilité régionale.