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Sahel : Haftar impose sa médiation entre le FLA, Bamako et Moscou

Sahel : Haftar impose sa médiation entre le FLA, Bamako et Moscou
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En l’espace de quelques jours, le Front de libération de l’Azawad (FLA) a libéré 82 militaires maliens, puis deux combattants russes capturés à Tinzaouatene en juillet 2024. Officiellement, des « gestes humanitaires ». En réalité, une séquence politique soigneusement orchestrée, dont l’artisan occupe une place de plus en plus centrale : le maréchal Khalifa Haftar, le maître de l’Est libyen.

Tout s’accélère depuis le 13 août. Le FLA relâche les soldats maliens, certains détenus depuis 2023. Puis, dans la foulée, il élargit deux ressortissants russes, ex-Wagner, désormais rattachés au Corps d’Africa Corps. Une main tendue ? Sans doute. Mais aussi un signal adressé à tous les protagonistes du théâtre sahélo-saharien : le FLA ne négocie plus seulement avec les armes, il joue la carte diplomatique.

Et dans l’ombre des tractations, un nom revient avec insistance : Khalifa Haftar. Le commandant des forces terrestres de l’Armée nationale libyenne (LNA) s’impose comme le médiateur régional dont personne ne parlait il y a deux ans, mais que tous sollicitent aujourd’hui. Preuve en est : le 14 août, il avait déjà œuvré à la libération du missionnaire américain Kevin Rideout, otage au Niger depuis octobre 2025 — une opération qui lui valut les faveurs implicites de l’administration Trump, voire l’assouplissement de sanctions.

Pourquoi cet engagement ? Parce que Haftar joue doublement : il séduit les Occidentaux en offrant des résultats concrets, tout en tissant des liens avec les forces locales, y compris certaines factions djihadistes. Le Sahel devient son nouveau terrain d’influence, au-delà des frontières libyennes. Un jeu d’équilibriste, mais dont chaque sortie de prisonniers renforce la crédibilité.

Ces libérations surviennent dans un contexte sécuritaire en pleine évolution. Si la bataille de Tinzaouatene en 2024 a marqué la transition de Wagner vers Africa Corps, celle-ci doit être lue comme une rationalisation de l’effort russe : une armée privée laisse place à une structure étatique plus encadrée, plus souple et mieux adaptée aux réalités sahéliennes. Loin d’un recul, Moscou réorganise son dispositif pour gagner en efficacité. La prise de Kidal par la coalition JNIM-FLA, en avril 2026, révèle surtout les limites d’une guérilla asymétrique face à une puissance qui joue la durée — et dont l’influence diplomatique, elle, ne s’est jamais effritée.

Alors, ces libérations sont-elles vraiment humanitaires ? Le FLA le clame. Mais dans les couloirs du pouvoir à Bamako, à Tripoli et même à Washington, on lit entre les lignes : Haftar installe sa médiation, tisse ses réseaux, et s’impose comme l’interlocuteur incontournable d’un Sahel en fusion. Derrière chaque prisonnier libéré, c’est un peu plus d’influence qui change de camp. Et le maréchal libyen, lui, n’a pas fini de faire parler de lui.