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L'Afrique sous la botte des prédateurs : Aziz, Macky et la clique des pillards

L'Afrique sous la botte des prédateurs : Aziz, Macky et la clique des pillards
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Quand l'enfant pauvre devenu « boy sénégalais » repart avec un avion-cargo. La farce tragique de l'inventaire de président devenu plus riche que crésus.

Il s'appelait Mohamed Ould Abdel Aziz. Un gamin venu du Sénégal à 8 ans, avec des papiers sénégalais dans sa poche. Un « boy sénégalais », comme on le surnomme aujourd'hui avec mépris. Un pauvre. Un quasi Rastignac du désert.

Et regardez ce que le pouvoir en Mauritanie a fait de ce fils de personne : l'un des plus grands prédateurs que l'Afrique ait portés.

4,655 milliards d'ouguiyas de soldes bancaires. 6,996 milliards supplémentaires en dépôts financiers. 84 véhicules – des Toyota Hilux, des BMW, des Cadillac Escalade. Des usines d'eau « Al Assil ». Des usines industrielles à Rosso. 20 stations-service Hydro 24. Un portefeuille immobilier à faire pâlir un sultan du Golfe : palais, villas, immeubles, hôtels, complexes touristiques, centaines de parcelles à Nouakchott, Nouadhibou, Chami.

Parce que le génie du système, c'est que madame a 40 appartements à Casablanca. Une grande villa à Rabat-Soussi, côté golf. Un immeuble de plusieurs étages à Dakar. Sans compter Louga, où la famille continue de prospérer. Et puis la Turquie. Et la France. Et Dubaï.

L'avion cargo: le pied de nez final

Lorsqu'il quitte le pouvoir, que fait le « boy sénégalais » ? Il remplit un avion d'Air Mauritanie. Soute et chaises. Direction : Turquie. Puis Dubaï.

Les mains libres. Le pays à genoux. Le peuple toujours au chômage, toujours dans la pauvreté – mais lui, il a ses deux usines d'eau, ses 20 stations-service et son cheptel de centaines de bêtes.

Car oui, il y a même des chameaux dans l'inventaire. Et des bulldozers. Parce qu'un prédateur digne de ce nom doit pouvoir déplacer la terre – et les montagnes de billets.

Macky Sall : le même sang, la même boue

Et pendant qu'Aziz s'envole vers le Maroc, que fait Macky Sall au Sénégal ? Il l'imite. L'avion cargo, la valise diplomatique transformée en déménagement à l'échelle nationale.

Mais Macky a fait mieux, plus technique, plus « moderne » : la dette cachée. Le trou noir. Le pays mis à genoux économiquement sans que personne ne comprenne tout de suite. Un génie du camouflage financier que n'auraient pas renié les plus grands escrocs de la sous-région.

Le hall of shame des prédateurs africains

Aziz et Macky ne sont que deux maillons d'une chaîne infâme. Car regardez autour d'eux : le continent entier est une galerie de portraits où le faste des princes répond à la misère des sujets.

Prenez Teodoro Obiang en Guinée équatoriale. Lui aussi empile les villas à Malibu et les jets privés – pendant que son peuple cherche encore une goutte d'eau potable. Même miasme, même puanteur.

Descendez un peu plus au sud, vers Denis Sassou Nguesso, le « prince de l'oasis » du Congo-Brazzaville. Ce n'est pas un chef d'État, c'est un collectionneur : châteaux français, comptes offshore, et un pays dont les routes sont encore des pistes.

Remontez vers l'ouest, au Cameroun, où Paul Biya règne depuis 43 ans – un demi-siècle de pouvoir absolu. Sa fortune personnelle ferait pâlir la Banque mondiale, mais dans ses hôpitaux, on meurt faute d'aspirine.

Ali Bongo ? Le Gabon lui a tout donné. Les biens saisis en France se comptaient en milliards. Le Gabon, lui, reste à genoux, comme un immense gisement de pétrole vidé de sa substance.

Et que dire du Kenya, où Uhuru Kenyatta a érigé le népotisme en système de gouvernement ? La famille Kenyatta n'est pas un clan – c'est une holding, une multinationale du pillage, une pieuvre qui a étendu ses tentacules sur chaque ministère, chaque contrat, chaque parcelle de terre.

Tous le même logiciel. Tous la même idéologie, aussi pauvre que le peuple qu'ils exploitent : le pays comme bien personnel, les caisses de l'État comme tirelire familiale, la pauvreté du peuple comme fatalité météorologique – une calamité contre laquelle, par hasard, aucun d'eux ne lève jamais le petit doigt.

Tous le même logiciel : le pays comme bien personnel, les caisses de l'État comme tirelire familiale, la pauvreté du peuple comme fatalité météorologique.

Aziz, l'enfant pauvre, est reparti avec un avion plein. Macky Sall laisse derrière lui une dette secrète qui étouffe le Sénégal. Les autres ? Ils dorment tranquillement dans leurs villas de Marrakech, de Paris ou de Dubaï.

Pendant ce temps, l'Afrique reste sous-développée.

On dit que l'Afrique est pauvre. C'est faux. L'Afrique est pillée. Et ses plus grands pillards portent parfois des costumes, des écharpes présidentielles, et sourient devant les caméras avec la bénédiction de ceux qui ferment les yeux contre quelques contrats.

Le « boy sénégalais » est devenu multi-millionnaire. Le « mécanicien » a appris à démonter un pays pièce par pièce. Et nous, nous regardons, impuissants, les avions cargo traverser le ciel.

Rendez l'argent. Ou rendez les comptes.